Speech delivered by Idil Biret at Acanthes contemporary music forum in Metz (France) on 9 July 2006
Il est toujours un peu problèmatique de parler, de metre en paroles ce que un compositeur a conçu, imagine, mais surtout entendu dans son esprit dans une merveilleuse liberté puis transposé dans une realisation sonore, certes beaucoup plus limité et étre ainsi passé du psychique au physique. Les musicians ont la chance de posséder cette oreille intérieure qui permet une écoute privilégié (ou) des versions débarassées de tout detail inutile se profitént dans notre imagination avec une purete exemplaire, une polyphonie foisonante se ramifie et nous pouvons à notre gré comprimer, élargir la musique sans réelement dépendre du temps. Ainsi il nous est possible d’entendre la totalite d’un morceau en le compriment et le ramenant à l’essentiel en l’espace d’une seconde ou au contraire, repeater une cellule, une note autant de fois qu’on le desire, par example imaginer des constructions sonores cyclopéenes. Le possibilities semblent etre sans limites ainsi que la variété des combinaisons rendues possibles par cette polyphonie et polyrythmie intérieure. Notre envelope extérieure est infinimment moins bien pourvue et ne nous permet de reproduire qu’une infime de notre sonore interieur. Ce qui rend les Etudes de Ligeti qui est le sujet de l’entertien d’aujourd’hui unique est la tentative de l’auteur de le projeter son “écoute intérieur” à un univers qui est audible extérieurement, c’est-à-dire par tout le monde. Parfois pendant que notre écoute interieure est en movement il arrive que par la concentration extreme de lignes la compression qu’un tempo precipité impose à notre imagination sonore (surtout lorsqu’on veut “visionner” la totalité d’un morceau trés rapidement) nous arrivions à n’entendre que des vibrations qui englobent la totalité de l’oeuvre. Des phenomenes similaires sont perceptibles dans les etudes et c’est en cela aussi, à part bien d’autres details spécifiques don’t je vous parlerai que ces etudes sont profondement originales.
L’etude est une composition qui est destine á aider l’exécutant á resoudre un probléme technique spécifique. L’histoire du piano est trop souvent encombrée par des pieces portent ce titre mais qui ne sont que prétexte à faire valoir une virtuosité vide de toute substance. Les grands compositeurs du passé avaient réussi à faire une synthèse entre la brilliance coutumére á cette sorte de forme musicale et le but de faire de ce courtes pieces de véritables oeuvres d’art. Les etudes de Ligeti abordent tous ces problèmes et nous font prendre conscience d’une autre dimension, oú la mutation du son est explorée. Par le truchement du son comprimé devenat vibrations, nous faisons un retour en nous-mémes et notre écoute interieure tout en expérimentant une plenitude absolue procure par la presence physique du son.
La premier cahier d’etudes fút compose en 1985 et comporte six morceaux. La deuxiéme livre, ecrit entre 1988 et 1994 comprent huite etudes et l’etude 14a conçu pour piano mecanique. Les titres son genéralement en français, “à cause des connotations poetiques propres à cette langue” precise Ligeti. Les titres choisis une fois la composition complete son en relation étroite avec le morceau. Ils peuvent aussi faire reference à un probléme pianistique spécifique comme dans les touches bloquées (etude no.3) ou etre associés à une oeuvre graphique comme la Columna Infinata (etudes 14 et 14a).
Ayant seulement commence prendre des leçons de piano á l’âge de quatorze ans (contre la volonté de son pére) Ligeti se passione pour les piéges que le jeu du piano comporte. Naturellement il est incite à créer une manière inedited pour aborder ces problémes. Busoni dans une interview mentionne une demarche similaire: malgré les louanges qui lui étaient accordées par les auditeurs ainsi que les critiques musicaux, il ne se sentait pas vraiment bien préparé techniquement – ses trilles laissaient á desirer, il n’avait pas assez de résistance dans les passages de grande virtuosité. Busoni s’arréta pendant une assez longue période pour réflechir et trouver une solution à ce qu’il considérait être les points faibles de son jeu. Pour pourvoir á cela, il développa une méthode inedited, une méthode sur mesure qui devait donner d’excellents resultants puisqu’il n’expériança plus jamais aucun des symptoms qui avaient attire son attention et l’avaient alarmés. Tous les grands compositeurs, pianists ainsi que bon nombre de virtuoses du clavier, se sont pechés sur ce problémes et inventé des exercises qui leur étaient proper. Ces compositeurs-virtuoses trouvaient une grande partie de leur inspiration au contact direct avec le clavier. Leurs dons d’improvisateur les aidait certainement. Selon Ligeti, pour qu’un morceau soit pianistique, les concepts tactiles ont autant d’importance que ceux qui sont acoustiques. Ce qu’il entend avec l’écoute intrieure, est transcript à la réalité anatomique des ses mains et à la configuration du clavier. Le but est de tout avoir dans les doights et de le sentir dans la main.
Ligeti s’est inspire de quatre compositeurs qui, dit-il, pensent pianistiquement. Il s’agit de Scarlatti, Chopin, Schumann et Debussy. L’étude “Zauberlehrling” par example a une affinité certaine avec l’ecriture de Scarlatti et des couleurs Debussystes sont largement presentes dans, par exemple, l’étude “Galam Borong”. Mais c’est Chopin quil cite le plus souvent. Il dira, “mon ideal Chopin est venu ici á mon aide. Le contenu spiritual et poëtique ainsi que les données techniques et anatomiques telle la morphologie de la main et de l’instrument determinant inconsciement l’imagination créatrice sans la forces, ni la contredire”. Grâce aux témoignages des élèves de Chopin, on siat qu’il attachait une grande importance á la position de la main comme point de depart de sa pensée pianistique et pédagogique. “La position simple et naturelle de ses main était conditionnée par la structure meme des gammes et accords et il adoptatit le doigté le plus aisé qui lui tombât sous la main” ce propos rapporté par Hipkins est cite par Jean-Jacques Eigeldinger dans son superbe livre “Chopin vu par ses eléves”. Ligeti nous rapelle que dans une ornamentation mélodique de Chopin ou une figure d’accompagnement dans son oeuvre n’est pas seulement entendue mais aussi sentie tactilement. Chez Chopin comme chez Ligeti, la position des mains souvent fixée dans l’empreinte, sera déeplacée tout le long de la pièce. La fusion entre la geste instrumental et la pensée musicale est totale. Le clavecin bien tempéré de Bach tenait une place importante dans l’enseignement de Chopin. L’influence de Bach est évidente sur l’ecriture de Chopin. Cela touché principalement la polyphonie mais aussi au principe des pieces mono-movitiques, c’est- à-dire une certaine forme de la main est adoptee pendant toute la durée du morceau sans qu’il y ait de changement.
Prenons le Prélude no.1 du premier livre du Clavecin Bien Tempéré et comparons le avec l’Etude op.10 no.1; les arpèges qui se limitent à unde espace d’une octave et demie chaz le premier, sétendent chez Chopin à tout le clavier en suivant la ligne harmonique de la basse dans les deux cas. On rencontre ce processus, utilise de maniére similaire, dans les etudes de Ligeti mais enrichi et rendu plus complexe par le polyryhtmie qui vient se greffer sur le motif de la basse en la soumettant à des distorsions diverses. La position de la main chez Chopin est ainsi exposée:
musical example (1)
Les doigts longs sont places sur les touches noires pour créer un appui naturel de la main. Cette position se retrouve dans l’ostinato de l’aetude “fanfares” et les enchainements de doubles-notes dans la colonne infinite. Ainsi placée, la main est toujours equilibrée dans une position logique.
L’Etude op.10 no.2 et l’Etude sur les touches bloquées offer le meme souci d’economie et part d’une meme demarche intellectuelle. Il y une relation certaine entre l’Etude op.25 no.6 (tierces) et l’Etude “Vertige”. Chopin utilise les doigts des extrémités pour effectuer les figures chromatiques. Chez Ligeti l’ostinato chromatique est joué avec le pouce et le deuxiéme doigt (le troisiéme doigt intervient parfois). Dans l’Etude op.25 no.11, une gamme chromatique descendant s’étend sur tout le clavier. Chaque note de la gamme est intercalée avec une intervalle. On retrouve le procédé inverse dans l’Etude “l’Escalier du Diable” dans laquelle la gamme chromatique est ascendante et chaque note intercalée avec une intervalle qui est jouée à deux mains en se doublant des tierces, septiémes et parfois d’accords de trios sons. Le chromatisme descendant se retrouve toute le long de l’Etude “Automne a Varsovie” en canon, imitation, double triple, avec le coagulation de la ligne chromatique et des intervalles. Ligeti mentionne également dans une interview que les Etudes Tableaux de Rachmaninov lui ont beaucoup appris sur le plan pianistique, harmonique ou rythmique…il continue “pour moi, Rachmaninoff représente une combinaison pianistique de Chopin”. Par cela, il entend probalement que Rachmaninoff s’est inspire de l’ecriture pianistique de Chopin comme point de depart pour ensuite produire le style magnifié et imaginative qui lui est propre.
L’écriture pianistique de Ligeti n’a aucune resemblance avec celle des compositeurs d l’avant garde des années 1950. Ce qui frappe chez Ligeti est le jaillisment qui n’a de cesse mais qui subit des changements rythmiques progressifs jusqu’à l’auto-destruction (la disparition). Cela donne une impression de lignes superposes, parfois de masse, de deplacements dans les tessitures et remplissage de l’espace sonore jusqu’à un point extrême. Ligeti dit, “ce qui est écrit, c’est polyphonie, ce que l’on entend, c’est l’harmonie”. Dans l’Etude “Vertige” (surtout la premiére page) les entrées canoniques de la gamme chromatique forment une polyphonie qu’il est difficile d’entendre séparément. Pour le pianiste qui travaille cette oeuvre, l’impression est réelment vertigineuse. J’ai eu beaucoup de mal à essayer d’entendre les lignes indépendamment et je me sentais trés mal à l’aise car je n’avais plus de points de repére rythmique. Ainsi, les entrées en canon qui ne se fond pas sur le temps n’avaient plus aucun point de résistance. J’avais l’impression trés désagréable d’être dans la vide. Au bout de trios mesures et surtout l’impression de ne pas avoir d’assise. Contre quoi appuyer.
En jouant ces etudes, il faudrait idéalement pouvoir suivre mentalement chaque ligne simultanément et en toute independence. Avoir suffisamment le sentiment du rythme de base pour pouvoir entendre et faire les accents vraiment à contre-temps. La vitesse est un element important pour produire la continuité des lignes mais elle ne doit pas conduire à faire le accents qui sont individuellement places, selon le developpement des lignes, ensemble, en paquets. Il y a bien des exemples dans le repertoire du piano d’accents deplacés ou de syncopes, de contre-temps qui sont écrits preécisemment par le compositeur mais rarement entendu pendant l’exécution. Un exemple très typique se trouve dans les troisiéme movement du Concerto de Schumann:
On entend en general musical example (2) des accents sur des temps dit forte ou crée comme tel au lieu de musical example (3)
Les accents deviennent des sieges sur lequels on s’installe et non pas les leviers qui aident à advancer dans l’oeuvre sans perdre de l’energie, en recyclant l’energie qui aide a aller plus loin. Les problemes pianistiques poses dans les etudes sont multiples – en voici quelques exemples:
Automne a Varsovie: Octaves brisées, jeu lineaire, les accents decalés, notes repetées;
Vertige: Gamme chromatiques en double-notes, la polyphonie et la multiplicité des
entrées du canon, le sens rythmique;
Fanfares: L’independence entre l’ostinato accentué 2x2x3 de la main gauche
et les variations en doubles-notes avec des accents qui ne concordant pas
avec ceux de l’ostinato de la main gauche;
Notes bloquée: L’ostinato chromatique ou seulement quelques notes sont entendue
(les trios notes reston appuyées à la main gauche), la claret des lignes de la
main gauche;
Désordre: Les accents decalés des deux mains;
L’escalier de diable: Le rythme en 2x2x3 des la mains altérnees, l’independence des
lignes, les montées en doubl-notes, les accents decalés, l’utilisation
intlligente de l’energie.
Il est, bien súr, necessaire d’avoir attaint un certain niveau technique pour aborder ces etudes; les doubles-notes, l’agilité t tout les ingredients qui font d’un pianist un veritable virtuose doivent être maitrisés. Les études de Ligeti sont encore plus des exercises mentaux et intellectuals que des provesses techniques. Pour arriver à jouer d’une maniére satisfaisante les etudes, il faudra faire un travail de base qui sear technique mais surtout résoudre ces problèmes qui sont lies au de passages et aux disjunctions de la polyrythmie et à la non-simultaineité des voix. En bref: etre et se sentir un et multiple.
La multiplicité est ce qui distingue ces etudes. Les etudes de Chopin revues et transcrites dnas une version magnifiée par Godowsky presentment des difficultes des taille (etude de tierces jouee a la main gauche). Mais il ne s’y ajoute pas les problémes rythmiques et les difficultes tout ce qui en decoulent chez Ligeti. En dehors d’un travail de debroussaillement, il faut beaucoup repeater chaque fois avec lucidite et non pas automatisme pour que la partition entre enfin dans les doigts et les corps. Les rythme caracteristique de 3x2x3 doit par example “exister” dans le subsonscient. Il doit se dérouler sans limite et faire partie de notre corps et de notre respiration.
Ces etudes font developer une mémoire du geste en temps qu’élan, rebondissement ou repetition et la continuité: dans sa reproduction il faut comprendre et fixer la sensation. Solliciter la mémoire du mouvement (kinesthésique) et l’associer à la memo auditive, ensuite repeater autant qu’il est nécessaire pour arriver à sentir naturellement, jouer sans penser aux difficultés et essayer de dépasser la matière pour aboutir à sa transformation, à sa mutation.
Ligeti utilise des techniques prises dans des cultures et époques fort eloignées les une es des autre: la rapide pulsation metrique additive trouvée dans la musique des ensembles de percussion du Sahara septentrionnal, certain rythmes dits Bulgares donc (musial example 4) !_! !_! !_!_! = 2x2x3 trés utilises par Bartok, des procedes rythmiques du XIVéme siecle (principe de la Tálea) sont parmi ses sources de l’inspiration; influences diverses qui perdent leurs caracteres.
Ligeti rendit visite aux universités de Stanford et Berkeley ou deux concerts lui furent consacres. Pendant l’interview qu’il fit au sujet de ses etudes, Ligeti devait mentionner l’influence que les oeuvres ecrites par Conlon Nancarrow pour piano mecanique eurent sur ses etudes. Nancarrow est un compositeur qui consacra la plus grande partie de sa production au piano mecanique. Cet compositeur, qui choisit de vivre une vie de semi-reclusion à Mexico City, est considere par certains, don’t Ligeti, comme un des compositeurs les plus significatifs du XXme siecle. Nancarrow qui se considère comme un autodidact fit tout de meme des etudes de composition avec Nicolas Slonimsky, Walter Piston et surtout avec Roger Sessions avec lequel il étudia le contrepoint. Ce qui devait influencer son développement musical de maniére decisive fut l’audition du Sacre du Printemps auquel il assista à l’age de 17 ans. Selon sa proper expression, “A l’epoque je n’avais pratiquement pas entendu de musique contemppraine et tout à coup je fus confronté au Sacre de Printemps qui me bouleversa. C’était à Cincinnati que j’entendais cette oeuvre”. La voie sur un nouveau univers “musical” n’ayant jamais été satisfait par la rendition que les musicians faisaient de ses oeuvres, Nancarrow décida de composer à partir de 1941, uniquement pour piano mecanique, decision qui était renforcee par le livre d’Henry Cowell “New Musical Resources” ou il dit que dans le future la musique ne doit pas amoindrie par les limits des executants. Á partir des 1949 Nancarrow davit écrire plus de 49 etudes pour le piano mecanique. Le systeme ampico crée aux Etats-Unis fut l’instrument pour lequel il composa. Le piano mecanique a évidemment beaucoup plus de possibilities manuels que un vrai pianiste qui ne peut jouer qu’un nombre limité de notes en meme temps et qui doivent se trouver dans un partie bien précise du clavier. Il leur est donc impossible de jouer au meme moment sur plusieurs tessitures différentes du clavier. De meme que le piano mecanique peut atteindre une rapidite vertigineuse (jusqu’à 200 notes par secondes) ce qui serait inconceivable mme pour un pianiste a la virtuositeé transcendante.Quant à lla polyrythmie, les possibiltés et les utilisa dans ses compositions ou la relation temporelle comme le rythme, la rapidité prennent totalement le pas sur la melodie et l’harmonie. En fait, Nancarrow utilisait les possibilities de l’ordinateur bien avant qu’un ordinateur musical ne soit meme inventé. Mais cela ncessitait bien des efforts: pour créer cinque minutes de musique il devait travailler prés de une année.
Lorsque Ligeti entendit pour la premiere fois des etudes de Nancarrow, il écrivit ces lignes à un ami: “Aprés avoir écouté quelques etudes écrites par Nancarrow pour piano mecanique, j’affirme, et cela avec le plus profound sérieux, que Conlon Nancarrow est sans doute le plus grand compositeur vivant. Si J.S. Bach avait connu les blues, le boogie-boogie et musique de l’Amerique Latine au lieu des chorals Protestants , il aurai certainement écrit comme Nancarrow. Nancarrow fait la synthése entre la tradition Americaine, l’élégance de Stravinsky et la polyphonie de Bach. Mais encore plus, c’est le meilleur compositeur de la seconde moitié du XXme siecle”.
En dehors de Nancarrow, Ligeti se référe à une deuxiéme influence, toute aussi important: celle de la tr’es grande diversité des cultures non Européenes. Il dire s’étre intéressé à deux en particulier: “la musique de Caraïbes et les folklores banda-unda et pygmée de la République Centre-Africaine, une musique polyphonique d’une richesse rythmique incomparable”. Il admet toutefois que cela ne sont que des empreintes des idées de base des cultures ethniques qui se manifestent dans sa pensée musicale et que la musique elle-même reste autonome. Le monde rythmiques de Nancarrow, de l’Amerique Latine, de l’Afrique Centrale s’amalgament dans son imagination avec les elements de folklore Hongrois et Roumain pour se transformer dans sa musique en conception absolument non-folklorique, individuelle et conotruite.
À part les influences que je viens citer, il me faut parler de l’interet que Ligeti porte au jazz, specialement aux pianists tells que Theolonius Monk et le grand Bill Evans. Dans l’etude no.4, “Fanfare”, des effets rappelant les improvisations de T. Monk son perceptibles. L’etude arc-en-ciel n’est pas trés eloigne de la version poétique, avec ses accords lumineux, du morceau “Young and foolish” de Bill Evans.
Dans la technique du piano, un laboratoire oú les idées inédites seraient testes, les formulas n’ont pas change. Des positions pratiques, des gammes chromatique d’enchainements, de double-notes etc. Ces elements se retrouvent dans tout le repertoire pianistique du clavier de Scarlatti à nos jours. Ligeti met en oeuvre ces idioms à son gré. Il dira d’aileurs: “C’est comme la musique de Chopin qui jaillit de la configuration des mains sur les touches du piano: Ce ne sont pas seulement les melodies, les harmonies, les figurations qui sont fantastiques, mais les caractere tellement pianistique”.
La demarche de Ligeti s’autant pianistique qu’intellectuelle. Il utilise certains archétypes de la technique pianistique, en les synthetisant en elements abstraits et les utilise dans un contexte totalement different. Partant d’un materiau de base qui se réfere au finale de la Sonate op.35 de Chopin, il en tire une texture sonore et pianistique qu’il “naturalise”. C’est indéniablement une oeuvre de Ligeti qu’on entend (selbsportrait mit reich und riley – und Chopin ist auch dabei). Il realise donc le voeu de Backhaus (CLARIFY).
Parmi les etudes, ile est trés difficile de faire un choix. Ils sont tous trait à des problémes tachniues specifiques. Voici deux etudes dont je vais essayer de vous parler plus en detail:
Etude no.1 – Désordre (ou le désordre organisé): Dans cette etude on trouve quelques archetypes de base proper à Ligeti,
– La polyrythmie, la polymodalite, la polymétrie;
– L’aspect mécanique. La régularité qui s’auto detruit par les accents;
– Le désordre crée par la totale independence necessit’e par une main droite qui ne joue que sur les touches blanches et la main gauche sur les touches noires en mode pentatonique. Cette bimodalité crée un champ harmonique en movement. Bartok comme Debussy se sert de la bi-modalité. Par example, dans la 4me Bagatelle de Bartok la position des mains est similaire a celle adoptee dans l’etude “Desordre”. La mélodie de base est articulée en trios elements:
Musical example 5
Chaque element du cycle commence par un motif de “tete” qui est constitué par la repetition de la premiére note et présente une resemblance avec le début de l’ “Allegro Barbaro” où le theme débute avec trois notes repetées.
Désordre comporte quatorze cycles (section A) et quatre cycles (section B). Cahque cycle est transposé d’un deoré sur le mode si et avance de manière ascendante. La forme globale de la section A correspond à la compression graduele de l’élément du depart (le theme de base compose de trios elements) qui constitue un cycle. La fin constituée par l’element B, une section reduite qui présente des similarities avec A, l’element de depart, se dissout dans l’aigu.
Il y a en outré des elements de phase suivis de déphasages. A la main gauche, qui est uniquement joué sur des touches noires (les repetitions de la premiere note) du theme se retrouvent souvent
Example 6
Ce “Desordre” est not’e avec soin dans les plus petits details. Ligeti ecrit: “J’utilise une surpr’ecision de la notation. Je note l’imprécision aussi précisement que possible”. Je veux ici faire une parenthése: “Desordre” fut la premiére etude de Ligeti que je travaillais. Essayant de sentir physiquement les lignes et les accents en toute independence, j’eus la tr’es désagréable sensation d’étre divisée en plusieurs parties. Je perdis toute mon assije et ne pus jouer pendant quelques jours. Ensuite, le sommeil réparateur et le travail fait par le subsconscient à notre insu me fit reprendre cette etude sans aucun problème. Toros Can qui réalisa un excellent enregistrement des etudes de Ligeti me relata une experience similaire.
Au debut de “Desordre” le deux mains jouent d’une maniére synchronise a partir de la quatriéme mesure. La main droite per dune croche (de 8, elle passé à 7) produisent le premier décalage. Le groupe 2 (element 2) a un décalage d’une croche entre les deux mains, l’element 3 à 2 croches de decalage. Dans le cycle 2, element 1 ce décalage est de 3 croches. Le déphasage se poursuit sur 32 mesures en raison d’une croche toutes les measures. Les dux mains rejoueront de maniére synchronisée pour 4 mesures pour étre décalees de nouveau. Cette fois le dephasage présente un autre aspect: La structure mélodique est graduellement compréssee.
- Le cycle de 14 mesures est réduit de moitie à 7 mesures;
- De 8 croches, la mesure passé à 7 croches, puis 6 croches et sera enfin réduite à 4 croches;
- Le notes de la mélodie subissent aussi cette compression et son de plus en plus rapproches.
Une sorte de danse frénetique emerge de cette melée. Les notes repetées du debut du theme sont si rapprochées qu’on n’entend plus que des vibrations
Tout cela finira par aboutir, a cause de dephasages et la compression de la structure de base a un eclatement en apotheuse avec les deux mains qui partent dans des directions opposes aux l’extrèmis du clavier. Le cycle 11 débute par un canon entre les deux mains qui subissent (cycles 12 et 13) des dephasages. Une croche est ajoutée à la main gauche, chaque 3 mesures. Cycle 14 le structure de la main gauche se dilate (8,9,13,12 croches) et rejoint la main droite dans l’extréme. Aigu, il est significatif de constater que Presque toutes les etudes de Ligeti se terminent aux extremites du clavier. “Desordre” se termine en Volant aux éclats dans le silence.
Etude No.14 “Columna Infinata” et 14a: La nuance fffff domine pendant toute la durée de l’oeuvre. L’impression de masse sonore, de blocs qui pourtant s’élancent vers l’infini. Tel ouvrage de Brancusi impressione. Un th’eme rythmique apparent dans le deuxiéme partie de l’etude: des accords se detachment de la masse de fond, qui donnent l’impression d’un element qui tourne et monte à l’infini. La clavier semble étre beaucoup plus étendu qu’il ne l’est réellement (surtous dans les registres extremes), les deux mains jouent des doubles notes, pourtant ce que’on entend est beaucoup plus tofu. La masse sonore est aspire vers l’aigu irrésistiblement rappelent Presque visuellement la colonne de Brancusi. Les indications presto possible, tempestoso, fff sempre montrant a quell point un jeu d’une extreme egalite de force est necessaire pour mener à bien l’interpretation de cette oeuvre. Les doubles notes rappelent un peu le Toccata d Schumann. Mais la resemblance s’arréte lá. Car il faut se méfier de faire de la toccata un bloc monolithiqueet uniforme. Mais, l’élan ascendant et la force qui caractérise differement ces deux oeuvres sont tres semblables en esprit. La partition est rempli des crescendo qui partent des nuances fff, il y a en outré une vingtaine de ffff don’t plusieurs ffffffff ! Ces indications semblant se placer au dela de toute possibilite acoustique et pianistique. Il faut certainement les interpreter comme des jalons qui nous empecheraient de relacher la concentration et la force, en nous obligeant à une ascension permanente. En tous les cas dans notre imaginaire létude 14a est concue pour piano mécanique mais peut étre jouée par un pianiste suffisament engrainé. Cette egtude se rend Presque injouable. Je me suis amuse a la travailler et je l’ai aussi enregistrée. L’extraordinaire et le tr’es ardu travail que j’ai dú réaliser m’a fait le plus grand bien. Il faut quand meme s’exercer ave3c suffisamment de prudence pour ne pas se crisper et se blesser en jouant cette oeuvre inouie d’originalite mais redoubtable ou des reprises rythmiques cassent le monotonie sonore en amenant un renouveau d’energie.
…Il y aurait tant et tant à dire encore sur ces etudes. Arrive toujours le moment de conclure. Nous avons vu qu’avec Ligeti ‘La nouveauté consiste en une nouvelle combinaison de choses existent deja. De diverses influences, il isole des elements stytlistiques et les absorbe dans une conception inedited, un tissue nouveau musical. En temps que musicienne s’interressant à explorer les possibilities techniques du piano. Cette rencontre avec ces etudes a été une source de renouvellement, de reflection et de depassement de ce que je croyais être faisable au piano. Je vous remercie pour l’attention avec laquelle vous m’avez suivie et j’espére que ceux qui seront désireux d’étudier de pres cette univers fascinant s’en approcheront avec enthousiasme.